by Administrateur | Nov 13, 2011
La première notion développée dans ce volume consiste à ne pas définir de cursus de formation pour les praticiens du psychodrame. Pas de prêt-à-porter donc, mais favoriser à tout moment le processus de formation.
Cet ouvrage est le fruit d’une réflexion collective, résultat d’un colloque qui a abordé les idées complexes de l’aliénation et des conformismes possibles dans un processus de formation. Est également traitée la question suivante : comment privilégier en permanence la vitalité que favorise le psychodrame ?
Une contribution importante est signée par René Kaës qui développe sa conception de la formation ainsi que l’histoire du CEFFRAP. Mais ce qu’il éclaire surtout c’est comment le groupe permet l’accès à un inconscient qui serait inaccessible autrement. Il se réfère longuement à Didier Anzieu et rappelle que l’expérience de thérapie de groupe ne forme pas à la bonne communication. Elle tente plutôt de dégager les obstacles du Moi de chacun qui sont en jeu dans les désirs inconscients de toute groupalité.
Cet ouvrage est de nature à intéresser toute personne responsable de formation. Dans ce cas-ci, plus précisément la formation de thérapeutes. Mais le volume peut également concerner plus largement les enseignants, les moniteurs sportifs, les animateurs de mouvements de jeunes, etc.
La question centrale semble être la suivante : se former est-ce se transformer ? Se conformer ? Quels sont les enjeux en cours dans tout processus de formation-transmission? Comment éviter le piège d’une aliénation possible, par exemple en favorisant en fait la reproduction du même (un thérapeute reproduisant en tous points le style de son formateur, un pro fesseur d’art dont le travail des élèves semble être constitué de copies conformes…).
Les remèdes : aiguiser notre attention envers l’autre, réactiver ses potentialités. Car communiquer un savoir semble moins difficile que de transmettre un questionnement. Et, pour reprendre l’idée de René Kaës, transmettre ce que l’on ne sait pas encore – et ce qui est à découvrir – demeure l’essentiel.
Une phrase en résume parfaitement l’enjeu : un enfant peut être formé mais également être dé-formé, ré-formé, con-formé, trans-formé, le pire semblant être la séduction.
Dans tout processus d’apprentissage on rencontre une part légitime de souffrance. Apprendre c’est lâcher ce qui est connu pour un inconnu infiniment moins confortable et même douloureux.
Ces notions de souffrance-plaisir sont trop fréquemment déniées.
Il est indéniable que le fait de maîtriser et l’approfondir une technique procure une satisfaction évidente en dépit de la souffrance qui y est associée. En outre, la transmission d’une formation nous permet également de renouer avec une origine et donc de nous situer dans une filiation.
by Administrateur | Nov 13, 2011
Volume stimulant qui se situe dans la continuité des travaux de René Kaës, les diverses contributions abordent différents aspects de la groupalité, approche thérapeutique en plein essor et qui suscite une abondance de réflexions. Le groupe fonctionne comme une enveloppe, un contenant, un lien. Je voudrais citer parmi les contributions celle de J.-B. Chapelier ayant pour titre « Chaos, contenance et créativité », thème qui évoque le processus de la créativité que l’on retrouve dans les théories de la Kabbale.
De son côté, Didier Anzieu nous rappelle les différentes étapes de la création dont le premier mouvement est régressif et lié à une crise intérieure qui fait remonter des fantasmes archaïques. Il décrit l’enfant qui commence à s’ennuyer, semble régresser, son imagination explose. Ensuite l’enfant organise son imagination et se trouve plongé dans un processus de création. L’achèvement de ce processus constituera précisément l’épreuve de réalité, c’est-à-dire la confrontation au jugement de l’autre. La première phase se révèle angoissante, mais ensuite – au fur et à mesure que la créativité se structure – les sentiments s’apaisent et elle s’avère rassurante. Songeons ici à Picasso décrivant son
En thérapie de groupe, d’enfants, d’adolescents et d’adultes on retrouve dans les premiers temps une situation proche d’un « chaos », une décharge qui engendre de nouvelles émotions et représentations, ce qui permet de dépasser les aspects figés.
Bernard Chouvier évoque l’utilisation de contes dans des groupes d’enfants autistes. Ainsi, le cas d’un enfant resté bloqué sur le personnage de l’Ogre dans Le Petit Poucet. Cet auteur insiste sur l’importance d’introduire une issue positive s’agissant de l’Ogre, mauvais objet. Par exemple, en posant la question : « et maintenant, qu’allons-nous faire de l’Ogre ? ». Ce type d’interventions exige une solide intuition ainsi qu’une dose d’originalité de la part du thérapeute afin de bousculer ce qui est stéréotypé, figé. Le thérapeute proposera une logique nouvelle dans un autre espace afin de permettre une transformation. Pour reprendre la terminologie de Bion, le thérapeute stimulera « ses rêveries » tout en restant toutefois au plus près de la préoccupation du groupe.
Dans la même veine, Claudine Juptner relate une transformation créative dans un groupe d’enfants atteints de troubles de la pensée et d’inhibitions, tant au niveau de la parole que sur le plan intellectuel. Huit séances pour transformer l’histoire du Loup et des Petits Cochons. Au fur et à mesure des séances, les enfants vont imaginer, associer et relancer l’intrigue. Le Loup finira par être apprivoisé, deviendra végétarien et, en fin de compte, protecteur des Petits Cochons. Grâce à cette transformation, les enfants auront su maîtriser leurs angoisses et dépasser leurs inhibitions.
by Administrateur | Nov 12, 2011
Il faut remonter à Freud pour découvrir les premières approches psychanalytiques du groupe, thème mis en lumière dans Totem et Tabou et L’homme Moïse. Freud qualifie de groupe un ensemble d’éléments liés entre eux. Une masse habitée par des pulsions, des affects et des représentations spécifiques. C’est le passage de la horde au groupe.
Plus tardivement, il poursuivra ses recherches sur ce point en développant la psychologie des masses ainsi que les notions de chef et d’esprit de corps… Ultérieurement encore, dans Malaise dans la civilisation, il élaborera l’idée que pour fonctionner une communauté doit se souder autour d’un pacte, des lois, une identité commune, moyennant toutefois de petites différences qui permettront à chacun de s’y retrouver.
Il faudra cependant attendre la fin de la Deuxième Guerre Mondiale pour découvrir les bases théoriques de l’approche psychanalytique du groupe avec Bion en Grande-Bretagne et Anzieu en France. En pédagogue et praticien expérimenté, René Kaës nous résume dans ce volume l’évolution de cette théorie ainsi que son approche personnelle de la question.
Citons encore Ophélia Avron, dont la longue expérience a permis de mettre au jour de subtiles distinctions dans l’organisation des émotions et pulsions qui affleurent dans les groupes.
Un aspect intéressant – et d’actualité – développé dans cet ouvrage (songeons les violences urbaines et des banlieues) concerne la violence dans les groupes et leurs relents d’archaïsme.
Comment procéder afin qu’un groupe fonctionne de manière positive ? En créant un espace de résonance habitée par des alliances inconscientes où se rencontrent le Moi et le Non-Moi. Un contenant d’illusions et de désillusions toujours négociable pour maintenir ce qui est complémentaire.
Les théories de Kaës s’appliquent à toute notion de groupalité, couples-famille, thérapies de groupe, groupes institutionnels.