Le psychodrame thérapeutique en groupe

La plupart des thérapies se pratiquent de manière individuelle et cela convient très bien, notamment à la nécessité d’intimité. Cependant, dans certains cas, un travail de groupe (parfois mené en parallèle d’un travail individuel) offre des avantages. Il s’indique tout particulièrement pour ceux qui ont le sentiment de « patiner » depuis longtemps dans une thérapie individuelle, ceux qui rencontrent des difficultés de mentalisation, de représentation et de verbalisation de leur problématique, et/ou qui éprouvent des difficultés relationnelles dans les groupes .

Plus largement, un groupe de psychodrame est ouvert à toute personne qui s’interroge sur les difficultés qu’elle rencontre, sur ses choix, ruptures, deuils, son sentiment d’être en porte à faux avec son entourage… Autant des situations traumatiques que des difficultés de la vie quotidienne ou la sensation de tourner en rond … peuvent être abordés. Le psychodrame permet également de percevoir la place occupée dans les relations familiales, professionnelles,…

Un ou plusieurs entretiens, préliminaires à l’entrée dans un groupe, permettent au participant et aux psychodramatistes (souvent également psychanalystes) d’évaluer si ce type de travail est susceptible de convenir ou si une autre thérapie serait plus appropriée.

D’une part, les règles de fonctionnement du groupe (voir plus loin) garantissent qu’un travail pourra s’effectuer de manière rigoureuse et confidentielle, d’autre part, la parole au sein du groupe et le jeu psychodramatique aident à éclairer, explorer et peuvent amener à se mettre en mouvement, à dépasser des obstacles, à entamer des changements. L’écho des participants ainsi que les interventions des animateurs soutiennent et favorisent une autre vision. Dans une certaine mesure les participants s’avèrent également cothérapeutes.

Il s’agit d’improviser à partir d’un scénario de départ, qui ne fait que camper succinctement une situation ainsi que les différents personnages (parfois aussi des objets, un animal, un sentiment, etc.). Lorsque l’on joue, on parle et bouge, on esquisse les gestes, on interagit avec les autres personnages. L’essence du psychodrame est de rester dans le registre de la représentation, en faisant « comme si ». Il ne s’agit pas de théâtre, mais plutôt d’improviser. C’est souvent le contraste entre ce à quoi on s’attendait de jouer et ce qui va effectivement se dire, se jouer, qui donne sens et intérêt à cette approche.

Paradoxalement, le fait de travailler en groupe n’oblige pas d’emblée le participant à exprimer les difficultés qui l’ont amené au groupe. Par identification, il peut bénéficier des jeux proposés par les autres ou encore, il peut en jouant dans le jeu d’un autre participant, y trouver des échos à ses difficultés propres.

De manière schématique, il existe deux grands « types » de psychodrame psychanalytique avec un groupe de patients :

Le psychodrame en groupe
Au départ d’une situation suggérée par un des participants, l’animateur va proposer de représenter la scène. Le jeu donnera souvent lieu à des inversions de rôles, des doublages ou d’autres techniques psychodramatiques. Après le jeu, on se rassied et chacun s’exprime sur ce qu’il a vécu et ce que la scène a évoquée pour lui.
Souvent les associations d’idées font émerger d’autres souvenirs, d’autres scènes et un nouveau jeu sera proposé.
L’enchaînement des scènes des uns et des autres a souvent une valeur associative groupale, mais, dans ces dispositifs, l’attention des psychodramatistes et ses interprétations restent plus individuelles que groupales.

Le psychodrame de groupe
La méthode est, ici, pour les patients de construire, ensemble, un scénario imaginaire au départ des différents thèmes amenés par eux en début de séance. Ce scénario sera, dans un second temps, joué par ceux qui le souhaitent, les psychodramatistes pouvant également jouer. Dans un troisième temps, chacun, qu’il ait joué ou non, est invité à dire ce qu’il a ressenti pendant le jeu. Dans ce dispositif, l’essentiel des interprétations se fait dans le jeu et par le jeu des psychodramatistes, mais aussi, sous la forme d’interprétations verbales.

Ces deux types de psychodrame visent un travail d’élaboration autant de la problématique individuelle de chaque patient que des phénomènes psychiques groupaux qui s’y développent, du fait notamment de la pluralité des personnes réunies. La première mettra un peu plus l’accent sur la problématique individuelle, la seconde sur les processus groupaux.

Habituellement, une séance dure 1h – 1h30 et le groupe rassemble un maximum de 10 à 12 personnes.

 

Informations pratiques : Groupes d’initiation ou de sensibilisation et Goupes thérapeutiques