Psychodrame : une excitation bien tempérée ?

Le psychodrame, pensé comme une variante de la cure psychanalytique, est une pratique paradoxale quant à l’excitation pulsionnelle : tantôt il excite, tantôt il apaise.

De l’excitation corporelle, à la figuration dans une scène par l’expérience du jeu qui donne forme, puis à la représentation qui ouvre ou décale le sens vécu, il y a tout un chemin dont les sentiers sont parfois escarpés ou obscurs.

Comment la pratique stylée qu’est le psychodrame, par le jeu combiné du mouvement et de la parole vient-elle « ouvrir corps et âme » ? Comment peut-elle suffisamment tempérer l’excitation ?

Alexandre Morel viendra témoigner de son expérience du psychodrame de l’adolescence et partager ses réflexions sur ces sujets.

L’après-midi les psychodramatistes du Service de Santé Mentale de l’ULB, Natacha Cogan, Christel Flavigny-Le Corre, Eric Fraiture et Laetitia Nagiel viendront partager  leur pratique et leurs réflexions sur le psychodrame de relance. Psychodrame de relance, mais relance de quoi ?

Le dispositif psychodramatique, particulièrement dans sa forme très ponctuelle de relance (quatre séances), suscite chez le patient beaucoup d’excitation : injonction… à s’exposer, dans un jeu avec le corps, avec un groupe, avec plusieurs thérapeutes, qui se retrouvent dans une certaine proximité, et qui jouent – qui jouent des choses très intimes du patient… Tout cela est excitant, sollicitant, effractant parfois.
Mais ce dont il s’agit avant tout, à partir de cette remobilisation pulsionnelle, c’est de relancer. Relancer la pensée, la symbolisation, la représentation ainsi que la contenance psychique.
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  • Alexandre Morel est docteur en psychologie, psychanalyste, psychodramatiste et formateur en psychodrame à l’association E.T.A.P. (Paris). Il est également enseignant (Université de Paris-Cité). Il est  l’auteur de  Le psychodrame de l’adolescence , PUF, 2025 ainsi que de nombreux articles (cfr. CAIRN). Il est également membre du Comité de rédaction de la Revue Le Carnet Psy.
  • Natacha Cogan, Christel Flavigny-Le Corre, Éric Fraiture et Laetitia Nagiel sont Psychologues d’orientation psychanalytique et Psychodramatistes au  Service de santé mentale à l’Université Libre de Bruxelles.

 

 

Corps et psycho-sensorialité : présence et engagement dans le travail psychodramatique

Attention: cet atelier est réservé exclusivement aux psychodramatistes en activité et aux personnes en formation didactique en psychodrame.

Dans cet atelier, nous proposons de travailler au plus près des « corps et de la psycho-sensorialité ». Nous utiliserons les métaphores langagières quotidiennes « Je me sens lourd, léger, vidé, déphasé etc.» parce qu’elles participent à la dynamique ontologique qu’elles décrivent et, plutôt que se centrer sur la représentation, nous opérerons une bascule pour nous tenir au plus près du sensible qui habite le verbe. Ce travail de la présence, du corps en mouvement permettra la transposition de sensations en formes vivantes. L’engagement corporel dans le jeu psychodramatique sera central tant la sensation d’exister est amenée par le corps et provoquée par le contact. Un temps est prévu pour échanger avec les participants sur les aspects techniques et théoriques.

Psychodrame: tout terrain?

Psychodrame: tout terrain?

Le psychodrame : tous terrains ?

Le psychodrame a acquis depuis un siècle ses lettres de noblesse. Il est de plus en plus souvent cité, de plus en plus de personnes et d’institutions s’y intéressent ou s’y forment. Il apparait comme un élément thérapeutique central ou adjuvant dans de nombreux domaines, dans de nombreux terrains allant de la thérapie à la formation et à l’animation.

Face à des publics fragilisés ou vivant des contraintes, telles le handicap mental ou physique, et certains moments de vie fragilisants, telle l’adolescence, le voilà qui entre en scène.

Nous voudrions convoquer des questions et des discussions collectives lors de cette journée.

Le psychodrame peut-il éclairer ou enrichir la connexion avec ces publics ? Qu’apporte-t-il de spécifique ? Le travail avec ces personnes nécessite-t-il des modifications techniques, et si oui, lesquelles et avec quels effets ? Les théories du psychodrame s’en trouvent-elles renouvelées ?

Enfin, dans plusieurs pratiques institutionnelles, le psychodrame est un invité. Il n’est pas l’hôte. Comment les psychodramatistes font-ils.elles dès lors alliance avec d’autres (professionnels ou non) qui connaissent le terrain et le public ? Quelles modalités de co-animation ou de co-gestion des groupes ? Quels liens avec les institutions ? Quelles perspectives d’accompagnement formatif ? Quelle éthique y transparait ?