Dé-jouer les violences ?

Argument

Que les actes de violence fassent quotidiennement la une de l’actualité n’a de cesse de nous étonner.

La clinique nous enseigne pourtant à quel point le penchant à l’agression constitue une prédisposition pulsionnelle humaine originelle et autonome.

Freud évoque à propos de notre rapport à l’autre : « …la tentation, celle de satisfaire sur lui son agression, d’exploiter sans  dédommagement sa force de travail, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ce qu’il possède, de l’humilier, de lui causer des douleurs, de le martyriser et de le tuer » ( in « Malaise dans la culture » )

Au-delà de ce constat, nous continuons à nous interroger sur les moyens dont  l’homme dispose pour transformer ou canaliser cette tendance, la pulsion agressive constituant également une ressource.

Dans cette perspective, comment le clinicien et l’intervenant social peuvent-ils y contribuer?

Le recours au jeu, par ses possibilités d’action, de figuration, de décharge motrice et d’expression des affects  constitue un des moyens précoce et spontané à l’œuvre chez l’enfant pour notamment canaliser et transformer les pulsions agressives de destruction – pour autant qu’il soit soutenu et encouragé par l’entourage proche et ensuite l’environnement social.

Le jeu, comme possibilité de dé-jouer les violences, d’en figurer les enjeux sous-jacents et de se laisser surprendre par ceux-ci, compte aussi parmi les outils les plus actuels, tant thérapeutiques que pédagogiques, culturels, sociaux,…

Programme

Cette journée nous permettra de découvrir mais aussi – pour ceux qui le souhaitent- d’expérimenter différentes approches à partir du jeu en lien avec les questions de violence : le jeu des trois figures, le théâtre-forum et bien entendu le psychodrame. Nous aborderons également ces questions de manière théorico-clinique autour de deux  exposés : l’un autour de la question du jeu et l’autre issu d’une clinique psychodramatique des pathologies de l’agir, celle des abuseurs sexuels.
 
Horaire

  • 8h30 : Accueil
  • 9h00 : Jean Kinable: « Jouer comme au théâtre: de sorte que du jeu s’invente et se déploie entre « méta- » et « trans-« 
  • 10h : Pause
  • 10h15 : André Ciavaldini : « Jouer et re-jouer la violence sexuelle pour la dé-jouer »
  • 11h15 : Discussions
  • 12H-13H : Lunch
  • 13h00 : « Jeu de rien » Représentation de théâtre forum de la compagnie « Ftouf » de la maison des jeunes de Louvain la Neuve
  • 14h45 : Diane Huppert :  » le Jeu des 3 Figures dès l’école maternelle »
  • 15h30-17h : 3 ateliers :
    • Atelier 1 : Echanges sur la clinique autour du passage à l’acte au psychodrame avec la présence d’André Ciavaldini  et Nadine Vander Elst
    • Découverte du psychodrame sur le thème de la journée, animé par Chantal  Nève-Hanquet et  Pascal Graulus
    • Découverte du Jeu des trois figures animé par Diane Huppert
  • 17h-17h15: Retour en grand groupe, clôture

Lieu:  Hôpital psychiatrique du Beau Vallon-Namur, Rue de Bricgniot, 205 5002 Saint-Servais
Prix (repas compris) :  sur le compte de l’ABP: BE94 0016 8026 4514 – GEBABEBBXXX  30 euros membres ABP, 40 non-membres, 15 euros étudiants/chômeurs, sur place : 50 euros
 

« Félins pour l’autre » – Psychodrame et couple

La question du couple traverse le psychodrame dans ses différentes formes.
Groupe de psychodrame de couples, psychodrame en consultation de couple, représentation du couple parental, couple de psychodramatistes,…
Jouer en psychodrame peut être une tentative de déjouer les scénarii des malentendus dans les couples et y explorer l’espace de « l’entre » deux.
Représenter de façon psychodramatique des situations réelles soutient par la dramatisation « la précipitation du dire ».
Représenter des jeux imaginaires construits par le groupe ouvre des figurations possibles des enjeux indicibles par les deux partenaires…
Couples de psychodramatisants, couples de psychodramatistes…
Que se joue-t-il entre psychodramatistes ?
Dans les coulisses du dispositif ou dans la séance se tisse un lien de connivence ou de désaccord, d’identification ou de différenciation. Tentons de repérer les effets sur le processus thérapeutique.
Et quand le couple de psychodramatistes est également couple en privé, quels effets cela a-t-il ?
De quel support de transfert, ce couple de psychodramatiste, sera-t- l’enjeu pour les participants d’un groupe ou dans une consultation de couple ?
Les groupes de psychodrame de couples sont rares en Belgique, question de conjoncture ou contre indication fondamentale ?
« Félins pour l’autre » tel sera le thème de notre quatrième journée consacrée au psychodrame.
 

Programme

8h30-9h Accueil 

Matinée

Début des travaux, 9h précises : 

  • Annick Remy, Luc Godart : bienvenue et introduction
  • Warming up par Chantal Nève
  • Nicole Stryckman  et Patrick De Neuter : psychodrame et couples
  • Jacqueline Colot « Une thérapie de couple à la faveur de techniques psychodramatiques »
  • Patrick De Neuter et Nicole Stryckman : les « couples » de psychodramatistes

 
Modératrice: Dr. Rita Sferrazza

Après-midi :
Exploration du thème par le jeu de rôle. 1 ou 2 groupes de 25 participants
Bernard Robinson et Anne-Sophie Alardin, Chantal Nève et Pascal Graulus

16h45-17h  conclusions de la journée et perspectives : Luc Godart

 

Renseignements

 

Groupe de lecture

Ce groupe est réservé à des psychodramatistes pratiquants ou encore en formation. Chaque participant travaille chez lui le texte choisi. A la réunion,chaque participant, à son tour, présente le texte choisi, une discussion suit.

Le livre étudié actuellement: Psychodrame: la magie du jeu   M.Garboua et M.L.Léandri    Editions IN PRESS

Sujet moderne et lien social

Journée de travail de la Sept

L’homme  moderne  refuse  toute  contrainte,  il  se  veut  libre, autonome. La rançon en est sa solitude. L’autre n’étant plus un tiers,  il  représente  davantage  un  intrus.  La  consommation d’objets,  l’addiction  généralisée  comme  recouvrement  de  tout conflit possible et le lien communautaire s’offrent, dans le social, comme réponse à cette solitude. Face à ces constats, quel peut être l’apport du psychodrame pratiqué à la SEPT ?
La  SEPT  propose  un  travail  en  groupe  offrant  un  espace d’identification à l’autre, propre à faire émerger le lien du sujet à la  communauté  humaine  par  son  inscription  dans  le  langage.
Expérience du lien mais aussi de séparation d’avec l’autre et de division subjective.
Mais comment entrer dans un groupe dès lors qu’autrui est vécu comme intrus? Et comment s’en séparer? Le groupe lui-même ne risque-t-il  pas  de  devenir  un  objet-leurre  qu’on  ne  peut  plus quitter ? Notre dispositif permet-il de travailler avec des sujets liés socialement par un trait (toxicomanes, victimes d’agression, hyperactifs  etc.)  que  nous  rencontrons  dans  notre  clinique?
Nous tenterons de préciser les ressources de ce travail en groupe pour notre sujet moderne.
(Contact : M. Machurot machurotmyriam_AT_hotmail.com ; Alain Dekeuleneer adeka_AT_chello.be)